durée : 1 heure

Comment un compositeur peut-il résister à l’oppression d’un tyran avec sa musique ?

La musique a ceci de particulier, qu’elle échappe aux mots. Art de l’indicible qui en dit autant, voire plus, elle ne trompe personne, sauf « les aveugles et les sourds », comme Chostakovitch décrira ses détracteurs du parti après chaque refus de partition. 

Comme nombre d’autres artistes russes, Chostakovitch est né à l’ère d’un tyran qui, tout au long de sa vie, joua au chat et à la souris avec lui, l’étouffant par la terreur et le plongeant dans une réelle misère. Tout avait pourtant bien commencé, puisque dès 1925, Chostakovitch est salué outre-atlantique comme un compositeur de génie. C’était bien sûr sans compter sur la parano du Petit père des peuples – Staline – qui choisit l’année 1936 et le nouvel opéra Lady Macbeth du district de Mtsensk, pour faire savoir dans un article anonyme à la Pravda, que « le pire était à venir pour celui qui a écrit cette œuvre « petit-bourgeois » ».

Comment survivre alors, ne pas être réduit au silence ou être le jouet d’une propagande ? 

Devant l’incurie de ses détracteurs, il restait à Chostakovitch la figure du yourodivy, celle de l’idiot, qui sous couvert de candeur, en modifiant un rythme, une note, a réussi à glisser dans son Trio n° 2 et son Quatuor n°8, les mélodies de minorités oppressées ou des fragments de ses œuvres préférées, au nez du plus grand tyran de l’histoire soviétique.

Deux œuvres testaments, signées des initiales du compositeur – D.S.C.H : ré, mi bémol, do, si – ultime expression de sa réelle liberté face à l’oppression.

Programme

  • Concerto pour violoncelle : Cadence
  • Trio n°2, pour violon, violoncelle et piano
  • Quatuor n°8, quatuor à cordes

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